Médiation, deuxième approche

Publié le 18 mars 2013 dans Médiation, Intelligence collective

Cette deuxième approche tournera autour de la polarité de prise et déprise, ou pour le dire autrement en le déplaçant, d’intervention et de laisser-faire, d’activité et de passivité, polarité qui m’a semblée centrale dans ma pratique comme dans mon vécu de médiatrice.

 

Première remarque : le public n’est pas un vide que le médiateur, en tant que dépositaire symbolique du savoir, viendrait remplir, même si c’est souvent la demande première de ce même public. Avant même d’avoir vu, le groupe est parfois en demande de ce qu’il faudrait savoir. Le risque pour le médiateur, est non seulement de s’écouter parler, ce qui est rapidement lassant pour le public, mais que les visiteurs ne regardent même pas l’œuvre, et qu’une fois sortie de l’exposition, ces derniers n’aient de souvenirs ni des images, ni du commentaire.

Le médiateur accompagne le groupe en respectant le rythme de ce dernier et en s'appuyant sur ses compétences propres. Le groupe est à la fois spectateur et acteur.

 

Deuxième remarque : En conséquent, une des tâches du médiateur, est de ménager de la disponibilité chez le public, pour autoriser la rencontre avec une œuvre. Disponibilité est à définir, car ce n’est bien sûr pas à entendre dans le sens « temps de cerveau disponible pour la publicité, et notamment, pour une certaine marque de soda ». Le disponible ici joue avec la polarité de la prise et de la déprise, de l’actif et du laisser-faire. Il n’est pas question de renoncer à soi comme sujet et de s’en remettre à un quelconque pouvoir extérieur, mais de créer une disposition en soi, en tant que spectateur, en équilibre entre recevoir et s’approprier.

Le médiateur donc, pour induire cet accueil à la découverte, pique la curiosité et les sens et déploie une écoute qui autorise le groupe de spectateurs à s’écouter lui-même penser. 

 

Troisième remarque : Toutefois, si toutes les interprétations sont potentiellement intéressantes, toutes ne sont pas justes. C’est au médiateur d’avoir suffisamment fréquenté l’œuvre et la parole des artistes pour replacer les propositions de sens données par le groupe dans le contexte de création et de diffusion propre à chaque œuvre, tout en ayant conscience de ses propres limites d’analyses et de son inévitable partialité.



Tiphaine Buisson

 

photograhie : Gilbert Garcin

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