ARNO RAFAEL MINKINNEN

Publié le 30 juillet 2013 dans Des oeuvres, Rencontres d'Arles

Les photographies d’Arno Rafael Minkinnen nous donnent à voir un corps d’homme nu, le sien, qui se fragmente et se reconfigure, se muant en sculpture pour entrer en résonnance avec la nature.

 

Prendre au part au paysage, entre se fondre en lui, bras et jambes devenant racines, tronc, branches, fumée, dos se métamorphosant en pierres ; et le porter, le supporter, agir ou mimer d’agir sur lui, comme ses mains semblant étirer une colline, tordre un arbre ou écarter des gratte-ciels.

 

Muscles et nerfs tendus, se suspendre à une falaise, se glisser dans une fente, s’enterrer dans la neige.  Performances physiques souvent douloureuses, parfois dangereuses, son corps se plie à l’idée que lui évoque les lieux. Minkinnen dessine au préalable des croquis de ce qu’il imagine, de ce « qui se passe dans son esprit », puis réinvente une fois sur place, jouant avec les échos, les reflets, les fraternités, les mimétismes, enlaçant, caressant. Encore et encore.

 

Continuer ou rejouer une ligne, celle de l’horizon, d’une rivière, d’une branche contorsionnée, du rebord d’un lit... Amplifier des lignes de force, par contorsions, acrobaties, jeux de perspectives et déformations optiques. S’accorder.

 

Entre toute-puissance et vulnérabilité extrême, entre ancrage et flottaison, danser avec :  avec un étang, un bouleau, un ponton, un miroir, son fils, une femme...

 

Encore et encore, s’accorder, photographier, année après année, s’accorder, photographier, depuis quarante ans. Bien qu’on ne cesse de voir son corps nu -nudité originelle, essentielle, mais celle aussi de la vulnérabilité comme celle de la caresse – se corps qui nous fait fasse ne semble pas vieillir. Comme si ce corps qui ne cessait de muter sous nos yeux, se transformait trop vite pour  que le temps n’y dépose son empreinte, ou au contraire, comme s’il avait fait corps avec le temps, qui est constante transformation, comme s’il avait trouvé l’unisson et qu’il finissait par se confondre avec  la course du temps.

 

 

Tiphaine Buisson

 

Exposition aux les Rencontres d'Arles, aux ateliers SNCF, atelier de la Mécanique.

 

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